T4deliriousny’s Blog – Groupe7


Au-delà de la réalité

Face au constat d’une virtualisation toujours plus forte de l’architecture, Jean Baudrillard pose la question de sa réalité, de sa vérité. Il s’agit ici de dégager certaines idées clés de son discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de la biéanle de Buenos Aires en Mars 1999. Un second article venant ensuite replacer cette réflexion dans la dynamique de notre problématique.

ESSENCE

Jean Baudrillard cherche à définir une « radicalité de l’architecture« . C’est-à-dire une racine. Il ne faut pas l’entendre comme origine (dimension temporelle) mais bien comme essence (conceptuelle donc). Ce texte s’inscrit alors dans une des pensées que questionne notre sujet, à savoir l’idée même d’une « essence » de l’architecture, de ce qui fait architecture (cf. idéalisme en philosophie).

Le fait même de poser une « radicalité de l’architecture » appelle la fiction. Fiction d’une entité qui se pose comme idéal toujours hors d’atteinte.

REALITE

Jean Baudrillard introduit son discours par cette question :  » Est-ce-que l’architecture s’épuise dans sa réalité, dans ses références, dans ses procédures, dans ses fonctions, dans ses techniques ? » La réalité apparaît alors comme un ensemble de contraintes « produire dans un temps précis, avec un budget donné, pour des personnes données, […] travailler avec une équipe« …  Se posent alors comme censure à la création architecturale : « la sécurité » (avec toute la législation qu’elle impose), « l’argent, le corps professionnel« . Il s’agit alors pour l’architecte de dégager un espace de liberté, celui de la création.

Face à un contexte trop contraignant, la création architecturale peut se déplacer dans le champ de l’imaginaire. Cette vision de l’utopie est très présente dans les écrits de Françoise Choay : « Cependant l’urbaniste n’échappe pas complètement à la dimension de l’imaginaire. Les premiers urbanistes ont une prise réduite sur le réel : tantôt ils doivent faire face à des conditions économiques défavorables, […] Dès lors leur tâche polémique et formatrice s’affirme à son tour dans un mouvement utopique.« 

ILLUSION

Toujours dans la pensée de J. Baudrillard. L’architecture existerait au-delà de sa propre vérité dans une radicalité du défi à la création architecturale elle-même, et à l’illusion de maîtrise. « Voilà, je voulais cerner ce qu’il en est de l’illusion architecturale dans un double sens complètement opposé là où elle fait illusion et là où elle se fait illusion sur elle-même et là où elle invente une illusion nouvelle, l’illusion neuve de la cité et de l’espace, une autre scène qui la dépasse elle-même. »

Dans certains objets architecturaux, se lit alors une « illusion anticipatrice« ; anticipation d’un temps qui leur était futur. Se pose donc la question: « Est-ce-que l’architecture est donc non pas dans la réalité mais dans la fiction, une société dans l’illusion anticipatrice? Ou bien est-ce-qu’il traduit tout simplement ce qu’il est déjà?’

CONCEPT

Après avoir défini la nécessité pour l’architecte de dégager un espace de liberté, de création (cf. REALITE) , il s’agit de se demander « où est l’espace de liberté, où est le moyen de dépasser ces contraintes?« 

C’est alors que le projet s’articule à un concept, une idée, une stratégie particulière, définissant un lieu que l’on ne connaît pas. « On est dans le domaine de l’invention, dans le domaine du non-savoir, dans le domaine du risque; et ce lieu finalement peut devenir le lieu d’un certain secret, de choses qu’on ne maîtrise pas, de l’odre du fatal ou du volontairement incontrôlé. Là commence l’illusion ouverte, […]. »

EVENEMENT

« Un objet réussi c’est celui qui existe au-delà de sa propre réalité. »

« Partout, on n’a pas le choix de l’événement. On a que celui du concept. »

« Le concept, c’est quelque chose qui doit forcément entrer en conflit avec le contexte […]. Il oppose à l’événement soit disant réel un non-événement théorique et fictionnel. »

Jean Baudrillard défini alors l’événement comme accomplissement de l’architecture. Il né de la confrontation du concept à la réalité (des usagers… ). Cela remet bien sûr en cause la maîtrise du créateur. On ne crée pas l’événement. On en crée les conditions, la possibilité. On retrouve alors, dans une certaine mesure, le discours des situationnistes notamment la notion du détournement (le mot apparaît lui-même chez Baudrillard).

VIRTUALITE

– en chantier –

J. Baudrillard, Vérité ou radicalité de l’architecture, 1999

F. Choay, L’urbanisme, utopies et réalités, Ed. du Seuil, Paris, 1965

A. Bel

Publicités

Laisser un commentaire so far
Laisser un commentaire



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s



%d blogueurs aiment cette page :