T4deliriousny’s Blog – Groupe7


De la virtualité
mai 24, 2009, 10:20
Filed under: Virtuel

Suite de l’article portant sur le texte de Baudrillard. Il s’agit ici de questionner le rapport de l’architecture et de la création architecturale à l’outil informatique. De porter un regard critique et averti sur tout un pan de l’architecture contemporaine.

NON ARCHITECTURE

Dans New York Délire, Koolhaas évoque la possibilité d’une architecture sans architecte. A. Ravéreau s’intéresse à l’architecture vernaculaire mozabite en Algérie et en fait « une leçon d’architecture ». Ici, Baudrillard évoque la non-existence de l’architecture lorsqu’elle est produite sans l’idée d’architecture. On revient alors à l’exemple de l’Amérique contemporaine, avec ses villes ou l’architecture « s’y est faite oublier. […] On peut circuler là-dedans comme dans un désert sans se donner la comédie de l’art, de l’esthétique, de l’architecture« .

ANTI-ARCHITECTURE

Baudrillard cite alors lui même New York Délire : « comment Manhattan s’est édifié à partir de quelque chose qui n’avait rien d’architectural, le parc d’attraction de Cosney Island. Pour moi c’est là la perfection de l’architecture que celle qui par ses dimensions efface ses propres traces et où l’espace est la pensée même. »

COMEDIE

« Il n’y a pas de pensée forte que celle qui se donne plus la comédie du sens et de la profondeur, ou la comédie de l’histoire des idées, ou la comédie de lavérité«  déclare Baudrillard.

FICTION

La même idée sous la plume d’Eisenman : « Depuis le XVe siècle, l’architecture est sous l’influence de trois fictions. […] Chacune d’elle repose sur des fondements particuliers : la représentation doit donner forme à l’idée du sens, la raison à celle de la vérité, l’histoire à celle de l’éternité par rapport à celle du changement. »

VIRTUALITE

Baudrillard, dans son discours, met en garde contre un risque de disparition de l’architecture, de « la fin de l’aventure architecturale« . Le déplacement de l’espace de création dans le champs de la technique lui impose alors non seulement ses limites mais aussi son orientation. Il se réfère alors à une analyse de W. Flusser appliquée à l’outil de la photographie.

L’auteur se dresse contre ce virtuel qui consisterait en « l’épuisement de toutes les virtualités techniques de l’appareil » qui ouvrirait sur « une écriture automatique du monde ». L’architecture se déconnecte alors de la réalité, mais encore de la subjectivité de l’architecte, n’exprimant plus que celle de l’appareil.

Baudrillard s’attaque à « la performance et la mise en scène d’une machinerie, d’une technologie mentale appliquée ». Ce procesus qui fait du Gugenheim de Bilbao un « ready made ». Cad un objet dont la dimension artistique ne réside plus que dans sa mise en scène, sa transposition dans le domaine artistique.

« Est ce que tout ce qui a lieu aujourd’hui dans tous les domaines n’a pas lieu sur la base d’une disparition du réel, tout simplement dans le virtuel ? »

COMMUNICATION / SOCIETE DU SPECTACLE

« L’architecture est aujourd’hui vouée en grande partie à la culture, à la communication, c’est à dire à l’ésthétisation virtuelle de toute la société. »

Baudrillard dresse ici le sombre portrait de gens qui « deviennent les figurants virtuels de leur propre vie » au sein « d’espaces virtuels qu’on a appelés à juste titre des lieux de disparition ».


FONCTIONALISME ?

Le texte fait le constat du basculement d’un fonctionnalisme lié à un monde mécanique, avec des besoins organiques et une relation sociale réelle, à un fonctionnalisme du virtuel, au risque de voir l’architecture devenir elle aussi inutile.

REEL ?

« Peut-il y avoir une architecture du temps réel, une architecture des flux et des réseaux, une architecture de la visibilité absolue, du virtuel, de l’opérationnel, et de la transparence; une architecture polymorphe à destination variable. « 

ESPOIR

« Il existe encore, au de-là de toute illusion ou désillusion un futur de l’architecture auquel je crois, même si ce futur de l’architecture n’est pas  forcément architectural. « 

P. Eisenman, La Fin du Classique : La Fin du Début, la Fin de la Fin, 1984

J. Baudrillard, Vérité ou radicalité de l’architecture, 1999

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